MUDA n°3 “Le Mouvement” Quand l’organisation du travail fatigue les équipes

Performance
24 mars 2026

Après avoir abordé les MUDA liés au transport et aux stocks, intéressons-nous à un gaspillage souvent sous-estimé dans les organisations, le Mouvement.

Il est d’ailleurs très fréquemment confondu avec le transport. Pourtant, la distinction est simple. - Le transport concerne les déplacements inutiles des produits ou des matières. - Le mouvement, lui, concerne les gestes et déplacements inutiles des personnes dans leur travail.

Sur le terrain, ce gaspillage est extrêmement courant… et souvent banalisé. On entend régulièrement « Ce n’est que deux ou trois pas. »

Pris séparément, ces gestes semblent effectivement anodins. Mais lorsqu’ils se répètent des centaines de fois par jour, ils finissent par peser lourd sur la performance.

Quand l’organisation d’un poste crée du gaspillage

Lors d’une observation sur un poste de montage, nous avons récemment rencontré une situation assez typique.

Pour réaliser une opération de quelques secondes, l’opérateur devait se pencher pour récupérer une pièce placée au sol, faire quelques pas pour attraper la visseuse, puis se contorsionner pour prendre les vis situées sur une étagère en hauteur.

Chaque geste ne durait qu’une seconde.

Mais répété plusieurs centaines de fois dans la journée, ce type d’organisation génère rapidement des effets bien réels : - de la fatigue inutile, - une perte de temps cumulée - et des risques accrus de troubles musculo-squelettiques (TMS).

Ces micro-mouvements sont rarement visibles dans les indicateurs. Pourtant, ils finissent par affecter à la fois la santé des équipes et l’efficacité globale de l’activité.

L’ergonomie, bien plus qu’une question de confort

L’ergonomie est parfois perçue comme un sujet secondaire, lié uniquement au confort des postes de travail. En réalité, dans une démarche d’amélioration continue, elle joue un rôle bien plus stratégique.

Un poste de travail bien conçu permet de limiter les gestes inutiles et de rendre les actions plus naturelles. Les outils sont à portée de main, les matériaux sont positionnés au bon endroit, les mouvements deviennent plus fluides.

Le résultat est double, les équipes se fatiguent moins et peuvent se concentrer davantage sur la tâche qui crée réellement de la valeur.

Autrement dit, améliorer l’ergonomie, c’est aussi améliorer la performance.

Des améliorations souvent simples

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la réduction de ce type de gaspillage ne nécessite pas toujours des investissements importants.

Dans de nombreux cas, quelques ajustements suffisent : - rapprocher un bac de quelques centimètres, - modifier la hauteur d’une étagère, - repositionner un outil fréquemment utilisé ou réorganiser un plan de travail.

Ces petits changements peuvent sembler insignifiants. Pourtant, lorsqu’ils sont appliqués à des gestes répétés des centaines de fois par jour, leur impact devient considérable.

Observer pour mieux comprendre

Identifier ce type de gaspillage commence souvent par une observation simple du travail réel.

Regarder un poste pendant quelques minutes permet déjà de repérer de nombreux indices. Un objet que l’on va chercher sans cesse, un outil placé trop loin, un geste répété inutilement…

Une question simple peut alors servir de point de départ à l’amélioration “si cet objet est utilisé si souvent, pourquoi n’est-il pas déjà à portée de main ?”

C’est souvent dans ces détails que se cachent les améliorations les plus efficaces.

En savoir plus, télécharger notre livret MIUDA n°3 - Les mouvements inutiles.