J’ai lu avec attention divers posts invitant à « arrêter le néo-taylorisme » des ateliers menés avec des consultants. Consultant Lean moi-même, je ne me suis pas senti attaqué : je me suis senti interpellé. Et je crois que le débat mérite mieux qu’une opposition entre ceux qui font et ceux qui savent.
Sur le fond, je partage l’essentiel. Le Jidoka, c’est le cœur du système Toyota : arrêter au 1er défaut, venir tout de suite, protéger l’opérateur et le client. Un problème qui « remonte » pendant qu’on continue à produire, c’est un problème qu’on a déjà accepté. Sur ce point, nous disons tous la même chose.

Mais je voudrais apporter deux nuances.

1️⃣ Les travers d’un Lean mal implanté, les consultants les connaissent. Pas dans les livres : sur le terrain. Beaucoup d’entre nous ont été responsables de production ou d’amélioration continue avant de devenir consultants. Nous avons vu les tableaux qu’on remplit pour la visite, les rituels qui tournent à vide, les plans d’action qui enterrent les problèmes au lieu de les résoudre. Nous en avons parfois été acteurs. C’est précisément ce vécu qui a forgé notre conviction : le Lean ne se décrète pas, il se construit avec les gens, ou il ne tient pas. Nous sommes nombreux à avoir subi le déploiement de systèmes uniquement à travers les outils et spectateurs des désastres qui ont suivis (délocalisations, transferts technologiques, de compétences…), bref le Lean uniquement orienté purement productivité / coûts.

2️⃣ Nombre de consultants ont compris la place de l’Homme, dans un déploiement pérenne. Le respect des personnes n’est pas un pilier décoratif du TPS : c’est la condition pour qu’un opérateur ose tirer le cordon, qu’un manager vienne tout de suite, qu’une équipe accepte de rendre ses problèmes visibles. Sans cette confiance, le meilleur outil du monde devient un tableau de plus. Et cette confiance, elle se gagne dans la durée, jour après jour, sur le gemba. Nous sommes nombreux à avoir appris / compris qu’il fallait améliorer la qualité, les flux sur le terrain afin que l’amélioration des coûts ne soit plus un objectif mais une conséquence.

C’est pour ça que je préfère unir nos forces plutôt que confronter nos rôles. Le sensei apporte le regard, la profondeur, l’exigence du modèle. Le consultant apporte le temps de présence, la connaissance intime des réalités industrielles françaises et la capacité à embarquer les équipes sur le long terme.

Le TPS a besoin des deux. Et nos entreprises, face aux défis qui les attendent, n’ont pas besoin d’un nouveau clivage : elles ont besoin de tous ceux qui veulent les aider à progresser.
#Lean #Jidoka #Gemba #RespectDesPersonnes #EssentielsDuLean

15.09.2026

Sensei ou coach-consultant ? Telle est la question …

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15.09.2026

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